Mon métier de professeure des écoles

Je suis professeure des écoles depuis maintenant plusieurs années, j’ai assez de recul pour vous parler de mon métier. J’ai enseigné de la toute petite section de maternelle au CM2. J’enseigne au CE1 depuis 3 ans maintenant car c’est un niveau que j’aime beaucoup. Il faut savoir que j’ai souhaité devenir enseignante depuis le CP, c’est ma maîtresse qui m’a transmis cette passion, c’est pourquoi, malgré les années, je n'ai pas lâché mon objectif de vue. Sincèrement, être enseignante c'est un très beau métier, mais il faut vraiment LE VOULOIR et ÊTRE IMPLIQUÉ, parce que c'est une lourde charge ! Je prends énormément de plaisir à partager des moments avec mes élèves, je suis prise de fous rires très régulièrement, je suis très attachée à chacun d'entre eux, aussi uniques soient-ils, avec les caractères et personnalités respectifs, mais ce qui m'importe le plus c'est leur réussite, même si parfois cela s’avère compliqué, l'essentiel c'est de les faire avancer. C’est un métier qui me permet de me remettre constamment en question, sur mes pratiques, ma posture, mon investissement, c’est très enrichissant car j’apprends sur moi-même, sur les autres, sur le développement, la patience, le comportement humain car rien n’est plus vrai qu’un enfant. Je ne me vois pas être dans une autre branche, c’est un métier qui me plaît et dans lequel je m’épanouie.



Les études


En ce qui concerne les études pour accéder au métier, j'ai dû passer par le cursus LMD (Licence Master Doctorat). Pour être professeur des écoles, il suffit d’obtenir le Master MEEF + le concours de recrutement des professeurs des écoles, le CRPE. Il faut également obtenir son brevet de natation (50m de nage libre) et son PSC1 (brevet de secourisme 60€ sur 1 journée). Mais d’abord, il faut déjà avoir un bac. Il n’y a pas de bac précis, personnellement j’ai eu un bac Littéraire parce que je savais que je voulais être professeure depuis toute petite et que je voulais faire par la suite des études littéraires. Il y a plusieurs matières à passer au concours donc vous pouvez passer le bac que vous voulez ainsi que la licence de votre choix en lien avec les matières enseignées à l’école pour faciliter le concours et par la suite pour enseigner cette matière en ayant une spécialisation. Ainsi, je conseille de passer une licence de lettres, maths, sciences, sport, histoire, géographie, anglais... Nul besoin de faire absolument de la science de l’éducation, vous allez tout apprendre en terme de pédagogie et psychologie de l’enfant durant le master. L'essentiel est d'avoir une licence pour accéder au Master afin de s'inscrire au concours de recrutement des professeurs des écoles. Une fois la licence en poche, on postule au master (je conseille le master MEEF enseignement c’est le mieux pour préparer à ce métier) et on s’inscrit au concours en début d’année. Ayez de bonnes notes en licence pour être accepté dans l’école de votre choix afin de vous préparer au mieux au concours. L’école s’appelle l’ESPE (école supérieure du professorat et de l’éducation), personnellement je suis allée à l’ESPE de Paris Sorbonne, c’est celle qui propose le meilleur programme de préparation en région parisienne.

Le concours se déroule à la fin de la M1 (avril à juin) et se compose de deux écrits (français et maths) et de trois oraux (système éducatif, EPS et une option parmi les matières enseignées avec la rédaction d’un dossier à rédiger et à présenter devant un jury). Historienne dans l'âme et passionnée d'Histoire, j'ai ainsi choisi cette matière pour mon dossier. Il faut bien connaître sont sujet et la matière choisie. Vous pouvez vous inscrire dans le public ou le privé mais le nombre de places n’est pas le même. Le seuil d’admission au concours est assez élevé selon les régions mais il faut garder en tête que ce n’est pas la note qui compte mais d’être parmi les premiers. Il faut de la rigueur dans ses révisions, connaître les programmes scolaires de la petite section au CM2 dans toutes les matières sur le bout des doigts. Il ne faut pas se décourager face à la compétition, c’est un concours donc la concurrence est indéniable. Personnellement, mon point faible était les maths, j'ai bossé d’arrache pied toute l'année pour pouvoir passer les écrits et accéder aux oraux dans lesquels je suis beaucoup plus à l'aise.


Pour le concours, vous devez vous inscrire dans l’Académie dans laquelle vous voulez travailler. Exemple : vous faites votre première année à la Sorbonne pour vous préparer mais vous voulez bosser dans la région des Bouches du Rhône, vous vous inscrivez sur internet au concours de l’Académie en question donc en avril-juin vous allez passer votre concours là bas et vous serez corrigés par des inspecteurs de là bas. Si vous êtes pris, vous travaillerez là bas. Attention, c’est une académie entière, ce n’est pas que l’on vise une ville précise comme Marseille qu’on l’aura. On fait des voeux mais on passe en dernier étant stagiaires, on vous met où il y a de la place même si on habite à 100 km de notre lieu de travail. Au début, on ne choisit ni le département, ni la ville, ni l’école, ni le niveau de classe. Donc soyez sûrs du lieu de travail car il est très difficile de changer de département, ça marche avec des points.

Si vous avez le concours et le M1, vous allez en M2 où vous serez PES (professeur des écoles stagiaire). Vous suivrez à mi-temps les cours à l’ESPE et vous aurez votre classe à mi-temps. Durant cette année, vous devrez rédiger votre mémoire de fin d’études basé sur votre expérience en classe + vos partiels de M2 + la titularisation (vous serez visités par des tuteurs en classe 5 fois dans l’année). C’est une année très chargée, stressante, fatigante mais il faut s’accrocher !

À savoir, les personnes ayant 3 enfants, ou plus, peuvent accéder au concours sans nécessairement avoir le M1 en poche, cependant, s'ils obtiennent le concours, ils devront tout de même obtenir l'année de M2 stage compris (en étant dispensé du mémoire). Le cursus est donc extrêmement allégé mais il faut jongler entre les cours, la classe et les enfants.

Mon quotidien de professeure des écoles


Au niveau du métier en lui même, je suis très épanouie au quotidien, cela doit se ressentir dans mes stories Instagram ! Ce n’est pas un déclic mais une vocation depuis toute jeune. Ça a toujours été un rêve de travailler avec les enfants, je m’y suis fermement accrochée et Dieu merci, cela fait plusieurs années maintenant que je me réveille le matin en étant heureuse de retrouver mes petits bouts et de leur transmettre mon humble savoir.


Maintenant, parlons de la partie immergée de l’iceberg. Contrairement aux idées reçues, le métier de prof n’est pas forcément « la bonne planque ». Les personnes qui veulent faire ce métier uniquement pour les vacances et les horaires de fonctionnaire, sincèrement, ça n'en vaut vraiment pas la peine, la preuve en est qu’énormément de stagiaires en France démissionnent quelques jours ou semaines après la rentrée parce qu’il ne s’attendaient pas à une telle charge de travail et ont réalisé l’implication que le métier demande ! On pense qu’être prof c’est avoir du temps, finir à 16h30 et rentrer tranquillement à la maison, profiter des week-ends et du mercredi. Eh non ! Être prof c’est avoir des devoirs toute sa vie ! Il faut préparer sa classe et ça ne se fait pas en un clic, il faut bosser tous les week-ends ou les soirs/les midis/les récréations, corriger, chercher, trouver des idées, imaginer, concevoir, créer pour donner envie et faciliter les apprentissages.


Je reçois énormément de messages me disant « tes stories donnent envie d’être enseignante » mais en réalité je ne montre pas la pratique du métier en lui-même, je ne montre que ce qu’il y a autour (en dehors des heures de cours). D’un point de vue extérieur, en story ça a l’air cool, on prend un café en récré, des copies d’élèves rigolotes (ou pas !), on se lie d’amitié avec les parents, on aménage sa salle de classe à sa sauce... Je n’ai pas le temps de partager lorsque je bosse sans cesse à la maison ou tard le soir à l’école, quand j’arrive tôt le matin pour préparer le matériel, quand je corrige et range la classe en fin de journée. Egalement, je ne peux pas montrer en classe lorsque je gère la discipline et l'hétérogénéité entre les élèves. De plus, lorsqu’on monte un projet avec sa classe, il faut tout penser en amont et en aval, rédiger, imprimer, plastifier, découper, prévoir et anticiper les difficultés et les réussites... Aussi, si on accueille des élèves en situation de handicap dans la classe, on triple le volume de travail. En fait, ce métier fait partie de ceux qui empiètent sur la vie privée car on amène un paquet de boulot à la maison, un cours ne s’improvise pas même si ce sont des petits niveaux, ça se prépare méticuleusement. Cela demande une bonne organisation entre le travail et la vie familiale. Émotionnellement, nous sommes des éponges, chaque difficulté que rencontre un élève nous atteint, on y pense beaucoup même à la maison parce qu’on veut agir au mieux. Les élèves deviennent presque nos enfants le temps d’une année. Voilà ce que les gens ne voient pas, pensant qu'être prof c'est le « bon plan ». Lorsqu’on s’engage dans ce métier et dans n’importe lequel d’ailleurs, il faut prendre en compte toutes ses facettes. L’important est de comprendre les motivations qui poussent à choisir telle ou telle carrière professionnelle.


Gardez à l’esprit qu’il est essentiel d’aimer son métier et s’y épanouir. Ce n’est pas tous les jours facile mais aider et transmettre mes connaissances me rend heureuse, utile à la société, valorise l’estime que j’ai de moi, m’apporte de la confiance et de la satisfaction personnelle. Ce métier me permet de donner de l’amour, prendre soin des enfants, grandir avec eux et m’apporte bien plus que je ne peux leur apporter.


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